Début de l’aventure : mon beurre et mon café

Après y avoir réfléchi seule, beaucoup, puis à avec des ami-es et des collègues, beaucoup aussi.

Après avoir lu des blogs, des articles, vu des films.

Après quelques réticences de ma moitié, qui fait déjà très attention à… à peu près tout, et après donc quelques joutes verbales.

Après avoir beaucoup échangé sur le sujet avec Alice, la deuxième auteure de ce blog, et qui est celle des deux qui sait tout faire et qui pour l’instant fait quasi tout d’ailleurs, hé hé! : graphisme, dessin, couture, poterie, cuisine, etc.

C’est décidé : je me lance et j’embarque avec moi homme et enfant dans l’aventure « guerre aux déchets ».

Et n’allez pas croire que je suis une grande altruiste, visant la canonisation, ou que je suis dotée d’un sens du partage inné.

J’essaye d’être un être humain à peu près potable, mais j’assume aussi mon côté individualiste.

Si je me lance c’est aussi pour moi : parce que je ne supporte plus ces discours catastrophistes qui m’angoissent et je ne supporte plus non plus de participer au jeu de massacre géant en cours.

Si je me lance, c’est aussi pour me déculpabiliser et pouvoir dire à mon fils Sasha un jour : « oui quand tu es né nous savions que la 6ème extinction de masse était annoncée et que, pour tes 20 ans, nous te promettions à un monde en grande partie détruit. Mais j’ai fait ce que j’ai pu et ton père aussi : j’ai choisi le vélo ; nous avons acheté local et bio quand nous avons commencé à vraiment comprendre l’ampleur du désastre ; nous avons jardiné humblement et fait circuler quelques graines ; nous avons essayé de réduire au maximum notre impact sur ton futur en devenant progressivement de plus en plus exigeants avec nous-mêmes, bref : réduire, réutiliser, recycler ! Nous avons résisté à notre échelle pour te laisser un futur à toi et à ta génération. »

Si je me lance, c’est aussi pour sentir de plus en plus souvent ce sentiment de plénitude et d’apaisement lorsque l’on reprend un peu le contrôle sur sa vie : comment on mange, comment on se déplace, comment on choisit ses loisirs, comment on vit au quotidien, comment on résiste au rythme effrené imposé. Je vous assure : essayez, c’est jouissif !

Si je me lance, c’est aussi par intérêt intellectuel : incroyable le nombre de personnes malignes, cultivés, curieuses, joyeuses, atypiques et surmotivées que ce genre d’expérience vous fait rencontrer. Elles vous donnent leur énergie et leur positivité en plus de leurs bonnes idées et de leurs astuces.

 

Voilà pourquoi je vais vous parler de mon beurre et de mon café…

 

La fierté de mon premier samedi "guerre aux déchets"
La fierté de mon premier samedi « guerre aux déchets »

Nous achetons déjà beaucoup de choses en vrac. Nous rechargeons nos bouteilles de lessive et liquide-vaisselle à la Biocoop. Comme nous avons la chance d’avoir un jardin, nous compostons tout ce qu’il est possible de composter. Nous utilisons des lingettes en tissu dans la salle de bain à la place du coton.

Et pourtant nos deux poubelles jaune et noire ont une vie active très épanouïe…

Je me suis plantée dans ma cuisine et je me suis dit « il faut bien commencer par quelque part alors je commence par là, et petit à petit on va faire diminuer nos déchets ».

J’ai cherché ce que nous achetions de façon récurrente et qui produit du déchet, mes premières pensées ont été : beurre et café. Bon en même temps c’était l’heure du petit-déjeuner.

Pour le côté « local » du café (mais non je n’ai pas brûlé des litres de pétrole pour finir dans ta cuisine), il va être un tantinet complexe de trouver une solution, alors si le sachet plastique pouvait disparaîte de la liste, avec son compère le papier en gentil aluminium multicouche qui enveloppe la motte de beurre, ce serait déjà une belle victoire !

2 ou 3 jours après, sur ma pause repas, je suis allée au marché couvert du centre-ville. J’ai fait le tour des stands pour trouver un fromager qui vende du beurre à la coupe. J’ai trouvé assez vite « La Crèmerie de Marie ». J’ai demandé à la susnommée Marie (du moins c’est ce que j’en ai déduit) si elle accepterait que je vienne avec mes contenants car nous entamions une démarche de réduction des déchets avec mon compagnon. Réponse enthousiaste de la dame « Bien entendu ! Nous avons déjà une autre jeune femme qui fait ça. On pèse votre contenant puis le produit. En plus ça nous intéresse comme démarche. »

Surmotivée par cette réussite ultra rapide, je suis allée au « Moulin à café » situé à quelques mètres du marché couvert. C’est une boutique qui vend, entre autres, du café moulu sur place au poids. Je lui ai demandé s’il était possible de revenir avec le même sachet à recharger « Oh oui bien sûr ! Un de nos clients fait ça. Son sachet ne ressemble plus à rien à force mais il refuse que je lui change ! Mais oui bien entendu, au contraire ». Pour la peine je lui ai pris un sachet de café « Bio et commerce équitable ».

Je suis retournée travailler toute joyeuse. Mission accomplie. Et oui c’est donc aussi simple de changer quelques habitudes et réflexes conditionnés.

Le samedi suivant en allant au marché j’ai apporté un vieux tupperware à la gentille fromagère et suis rentrée avec mon beurre sans alu ni papier.

Dans la foulée, avec Alice, on a décidé d’établir une liste des commerçants* de Poitiers qui acceptent les contenants, sacs, sachets apportés par leurs clients et de leur proposer une affichette pour inciter les autres acheteurs à le faire.

Parce que l’idée de ce blog c’est surtout de se motiver et de partager les expériences sur Poitiers (en plus du plaisir complètement narcissique de raconter sa vie sur le web bien sûr !)

 

* La liste est disponible ici

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12 commentaires sur “Début de l’aventure : mon beurre et mon café

  1. Oh génial, bravo à vous deux pour l’initiative de ce blog que je sais à l’avance être beau en plus d’intéressant !!!
    Je pense que tout ça va parler à beaucoup de gens…
    En tout cas ça rejoint absolument la démarche dans laquelle je me suis engagée aussi. Un changement des habitudes les plus élémentaires et quotidiennes petit à petit pour avoir le temps de les intégrer sans que ça devienne trop contraignant. Parce qu’on a tous des habitudes et que tout changer en une seule fois peut facilement être une entreprise vouée à l’échec tant la tâche est grande.
    Un grand bravo donc et un grand merci !!!

    1. Merci à toi Esclarmonde, ça fait plaisir d’être soutenues !
      N’hésites pas à nous faire partager tes « changements » ou bons plans 🙂

  2. Effectivement ça me parle aussi 🙂 On réutilise les sachets en papier de la Biocoop jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus. Sinon il y a Monsieur Potiron, sous les halles, qui vend des soupes fraîches entre autres. On apporte sa bouteille en verre d’une fois sur l’autre et il nous la remplit.

  3. Excellente initiative, Marine ! Je vous félicite pour ces décisions.

    Ici, à la campagne, près d’un marché de producteurs, c’est déjà plus facile d’économiser les emballages : sac en coton lavable pour le pain (je t’en donnerai un quand tu viendras ), bouteilles de jus de pommes consignées, cartons d’œufs remplis et re-remplis moult fois,
    légumes vendus en botte, donc, sans emballage (ma maraîchère reprend même les élastiques collectionnés) etc…
    A bientôt pour d’autres échanges d’idées !

    1. Bonjour Ursula !
      Merci pour ton commentaire qui me fait très plaisir !
      C’est drôle que tu me parles de sac en coton, justement je viens aussi d’en parler à Alice car il m’en faudrait des plus grands pour le pain, pour certains légumes imposants et pour acheter en plus grande quantité des féculents et légumineuses 🙂
      Pour les oeufs j’ai décidé aussi de rapporter mes boites et de ne plus en acheter qu’en vrac ou d’en prendre chez les copains qui ont des poules.
      Pour les élastiques, nous les stockons et les réutilisons pour fermer des sachets etc. (idem avec tous les petits trucs en platique et fer) mais effectivement je n’avais même pas pensé à les rapporter ! Je vais le faire du coup ! C’est du pur bon sens en fait… mais il faut que je me reprogramme… j’ai grandi à Paris, je découvre des trucs de base tous les jours en ce moment 😉
      Bises et bonjour à Jacques !
      A cet été dans le Tarn !

  4. Un nouveau commerçant à ajouter à la liste : Moshi Moshi sur le marché.
    On donne sa boîte à bento lorsque l’on passe commande et on la récupère remplie.

  5. Waou! Génial je suis trop contente de trouver un blog sur ce sujet à Poitiers!!!! Je vais suivre les infos les filles! Merci! ^_^

    1. Ah une collègue ! Merci à toi !
      Super blog : bravo ! D’ailleurs je vais en faire la promotion sur notre page face-de-bouc.
      Nous allons te suivre aussi.
      On se croisera certainement sur le marché ou ailleurs avec nos boites et sacs à vrac 😉

  6. Merci les filles! Une info d’ailleurs, pour votre liste de boutiques, la biocoop de Poitiers-sud fait aussi le café moulu sur place (je ne sais pas pour celle de St Eloi mais je pense que si!) Il y a aussi la desserte locale derrière Energym et le marché de Léopold au même endroit qui fait du vrac!
    J’aime beaucoup aller à la ferme-cueillette de Neuville à partir du Printemps!
    (PS je vous ai ajouté à ma blogroll! 😉 )

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